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Née
à Bruxelles.
Ci-dessous
Nicole Icks assise Grand Place de
Bruxelles pour dessiner les études
d'objets, de façades, de statues, de
détails ou encore les si jolis parasols
des marchandes de fleurs

coupure
de journal vieille de 33 ans
*
* * * * * * * * *
Etudes à l'Académie belge de peinture
et à l'Académie des Beaux-Arts de
Rome.
Vit et travaille à Bruxelles, au Grand
Sablon, depuis 1959.
Se consacre particulièrement au dessin,
à la gravure et à l'aquarelle.
Expose en Belgique et à l'étranger
depuis 1962.
Sa
suite "Arbres" (1965-1966) a
été préfacée par Marie Gevers.
Les
"Racines Fantastiques"
(1967-1970), encres de Chine, ont été
exposées à la Galerie de la Ville de
Prague (1970).
Les
"Saisons", les
"Villes", les
"Etangs", les "Cathédrales",
aquarelles (1974-1975) ont été exposées
à Düsseldorf (1975);
C'est
sa suite "Grand-Place", 27
gravures originales sur le thème de la
Grand-Place de Bruxelles (1968-1978),
exposée à la salle Ogivale de l'Hôtel
de Ville de Bruxelles, en 1979, qui l'a
fait connaître du grand public.
En
1981, elle a créé le timbre poste commémorant
le 150 ème anniversaire de la Cour des
Comptes, ainsi que, en 1982, les timbres
de Villers-la-Ville, Stavelot et
Gosselies, et, en 1986, ceux de Zwalm,
Viroinval, Kelmis, Bredene, Zele et
Wavre.
"Bruxelles
est un songe...", 60 gravures
inspirées par Bruxelles ont été exposées
à la Salle Ogivale de l'Hôtel de Ville
de Bruxelles en janvier- février 1985.
Depuis
1982, elle travaille à une suite
d'aquarelles sur le thème de l'Opéra.
En
1988 et 1992, elle a dessiné sur le vif
les candidats du concours Reine
Elisabeth de chant, réalisant chaque
fois une suite de 40 dessins originaux.
Ses
aquarelles "Opéras" ont été
exposées, en 1988, au Cercle Artistique
de Waterloo, et en 1990, à la Fondation
John Cluysenaar, ainsi qu'à la médiathèque
de Louvain-la-Neuve.
En
1991, 40 gravures ont été exposées à
l'Atomium.
En
1990, sa suite "Grand-Place" a
été exposée à l'Ambassade de
Belgique à Tokyo, suivie en 1992 d'une
seconde exposition composée d'un choix
de gravures de "Bruxelles est un
songe...". Depuis, ele a eu
plusieurs expositions au Japon: Kofu,
Kyoto (1992), Galerie Municipale de
Heguro dans le cadre des échanges
culturels Belgo-Japonais (1993), ainsi
qu'au musée d'art de la ville de Iida,
à Hamamatsu et au musée de Toei; en
mai à l'hôtel Hilton d'Osaka -semaine
belge- en l'honneur de la visite du
Prince Philippe, en novembre à Wakayama
(1994).
En 1995, avec le peintre Daniel Hirai à
la galerie Soho d'Osaka et
"Dialogue de la gravure et de la
dentelle" à la galerie Fujita de
Kyoto.
En
1996, Les 101 gravures de
"Bruxelles est un songe..."
sont exposées dans les Salles de la
Milice et Ogivale de l'Hôtel de Ville
de Bruxelles ainsi qu'un choix
d'aquarelles.
En
1997 et en 1999, elle est invitée à
exposer à la Galerie du château Mottin
à Hannut
Oeuvres
acquises par le secrétariat de S.M. la
Reine Fabiola, le Musée Communal de
Bruxelles, la Bibliothèque Royale, le
Cabinet des Estampes, le Musée Postal,
la Chalcographie Nationale, les ministères
de la Culture et des Affaires Etrangères
et par de nombreux amateurs belges et étrangers.
34
rue de la Paille - 1000 Bruxelles - Belgium
mailto:n_ickx@hotmail.com

Nicole Ickx vue par la presse
Bruxelles
est un songe
Une
exposition de Nicole Ickx réveille, à
travers des images d'une rare puissance
onirique, et des aquarelles inspirées
par les opéras qui l'habitent, la mémoire
personnelle du visiteur.
Souvenirs, souvenirs …
Une
merveilleuse artiste voue à Bruxelles
un amour si attentif et si éclairé que
sous son crayon, la ville se fait songe.
Depuis trente ans, Nicole Ickx dessine
des rues, des parcs, des maisons, des
statues dans leur silence immobile, et
les voici qui s'animent comme le château
et le bois dormant de la Belle, lorsque
le baiser du prince ouvre les yeux de
l'aimée.
Tant d'arbres, de frontons, de
perspectives reproduits d'un trait précis,
léger, avec une patience infinie, font
s'étonner qu'une artiste si musicale et
si fine puisse être la cousine d'un fou
de bolides et de vitesse, Jacky pour ne
pas le nommer. Autre contraste : celui
des feuillages et des façades redessinées
avec une minutie de dentellière et les
grandes surfaces à la Chirico, dans
lesquelles résonnent, sans personnages,
sans rien de figuratif, l'ouverture de
Don Giovanni, la mort de Lulu, la grande
roue (Reigen) de Philippe Boesmans,
l'amour qui conduit Electre vers son frère
Oreste dans l'opéra de Richard Strauss,
Lohengrin sur les rives de l'Escaut, à
Anvers, dans l'opéra de Richard Wagner.
Ces aquarelles flambent de ce que la
musique lyrique peut faire entendre de
plus incandescent ou de plus pathétique.
Elles n'alternent pas seulement leur
ample inspiration avec telle vue ciselée
d'une "maison de curé"
(Sablon) ou d'un "Hiver rue
Ducale", mais relèvent d'une
respiration différente de l'artiste.
Quelques grands thèmes prédominent
dans la production de Nicole Ickx : la
Grand'Place, le Sablon, le Parc Royal où
elle renouvelle notre regard sur ce que
nous croyons connaître. Mais comme il
est encore plus délicieux, parfois, de
la suivre dans des recoins qui baignent
dans un mystère envoûtant comme celui
de la chambre jaune de Gaston Leroux, ou
des maisons suspectes de Gaston Bogaert
dont Thomas Owen a si bien parlé : La
maison sans maître, La rue du Peuplier,
un soir, La dernière gare (celle du
Quartier Léopold), Un soir, un chat (la
maison de cinéaste André Delvaux), une
vue plongeante sur l'Abbaye de la Cambre
qui fait penser à un tableau de Bruegel
l'Ancien, ou encore, au cimetière
d'Ixelles, la tombe où repose le
metteur en scène Bernard De Coster,
parmi les arbres et les stèles d'entre
lesquels montent les grands airs de la
Traviata et de Turandot deux opéras
qu'il a montés.
Oui, Bruxelles est un songe. Chacune des
gravures sur cuivre, imprimées à la
main par le maître imprimeur Théo van
den Broeck, font surgir des visages aimés,
des souvenirs enfouis, des images envolées.
Pour l'artiste, La Brouette sur la Grand
Place évoque "Une maison
folle" en raison de sa façade échevelée.
Pour moi, son patron Jacques Achédian
me rappelle son père, un Arménien
arrivé en Belgique après les massacres
turcs des années 1920, et qui tenait un
restaurant à l'enseigne des Anges
gardiens dans une petite rue qui
conduisait de la Porte de Namur au vieux
théâtre Molière, sur lequel régnait,
désargenté et fantasque, Georges
Jamin, et où, je rencontrai Bernadette
Abraté qui fit par la suite, à la télévision,
une carrière d'amoureuse du théâtre où
elle fut irremplaçable et d'ailleurs
pas remplacée. De l'autre côté de la
chaussée d'Ixelles, s'ouvrait le
couloir du Théâtre de Poche où je
croisai, pour la dernière fois, Michel
de Ghelderode.
Le jardin du palais d'Egmont me rappelle
toujours les représentations de
Britannicus que Claude Volter et
Jacqueline Bir, y donnèrent en 1963,
non sans avoir au préalable nettoyé,
lavé, briqué le prestigieux escalier
de marbre rose copié sur celui du château
de Versailles. Celle qui y paraitrait
dans les grands atours d'Agrippine, en
frottait les marches, la veille, en
blue-jeans.
Rue Fossé-aux-Loups, se dressait
"Le Théâtre disparu",
autrement dit La Gaîté. Si au lieu de
gravir l'escalier qui conduisait à la
salle de spectacle, on descendait celui
qui menait au sous-sol, on pénétrait
dans un night-club réputé en Europe
pour la qualité de ses numéros de
music-hall et l'absence de vulgarité
avec laquelle les filles montraient
combien elles étaient jolies. Un soir,
un comédien des Galeries, le
sympathique Jacques Courtois nous fit découvrir
l'endroit au prince Alexandre de Mérode
et moi. Ni lui ni moi n'y retournèrent
sans doute souvent. Mais j'assistai
quelques années plus tard à l'hommage
que la ville de Bruxelles rendit au
patron du Gaîty lorsqu'il prit sa
retraite : elle offrit au légendaire
Monsieur Paul l'original de la gravure
que Nicole Ickx avait réalisée de la
façade du théâtre. Courtois et
Monsieur Paul sont morts depuis lors.
Nos souvenirs composent des puzzles
auxquels manquent parfois des morceaux,
et cela laisse comme des blancs. Un
certain nombre de dessins de Nicole Ickx
ne conservent qu'une partie de la réalité.
rien n'est plus onirique que ces réalités
ébréchées par le rêve, ces sujets
privés de leur environnement : la
maison du premier ministre au coin de la
rue Zimmer, qui s'élève au-dessus des
hautes herbes du jardin du Palais des
Académies; l'escalier qui longe le
Palais des Beaux-Arts sur sa gauche; ou
encore les hôtels de ce couple de légende,
la grande Malibran qui chanta Rosine et
Norma jusqu'à New York, et son mari, le
violoniste Charles de Bériot. Le
premier devint la maison communale
d'Ixelles, le second la maison communale
de Saint-Josse-Ten-Noode.
La Malibran me rappelle un autre
souvenir : le bodega que la grande
cantatrice belge Clara Clairbert tenait
à côté de la Monnaie, à l'endroit
occupé aujourd'hui par une banque et la
bibliothèque publique néerlandophone
de la ville. Le lieu n'était pas grand.
Des photos de la tenancière en Manon,
Violetta, Mignon, ornaient les murs. Et
de vieux admirateurs buvaient leur porto
en se souvenant avec émotion de ses
trilles dans l'air des clochettes de
Lakmé.
Jacques
Franck (La Libre Belgique)
19 janvier 1996.
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